Étude de cas

Illustration de couverture — Film photomécanique photocommutable (Small, Wiley)

Laboratoire LASIRE, Université de Lille
2024
Proposition d’illustration de couverture
Chimie, photochromisme, matériaux photomécaniques

Le projet

L’équipe du Dr Stéphane Aloïse, au laboratoire LASIRE de l’Université de Lille, travaille sur un film mince photomécanique : une molécule photochrome associée à un polymère souple par des interactions supramoléculaires. Sous irradiation, la molécule change de conformation, et cette transformation se propage jusqu’à déformer le film entier. Un matériau qui bouge parce qu’on l’éclaire.

La commande portait sur une illustration destinée à une proposition de couverture pour la revue Small (Wiley). Le laboratoire a fourni la structure de la molécule au format PDB, le schéma du protocole de fabrication du film par spin coating et un code couleur atomique précis à respecter. La difficulté tenait à l’écart d’échelles : tout se joue au niveau moléculaire, l’effet ne devient visible qu’à celui du film manipulé à la pince.

Ma contribution

  • Construction du volume moléculaire en vectoriel, à partir de la structure fournie par le laboratoire, en respectant le code couleur atomique imposé et en ne représentant que les hydrogènes utiles à la lecture
  • Construction d’un récit en deux échelles : le film manipulé à la pince en haut, le réseau moléculaire en gros plan dans une loupe en bas, reliés par un même faisceau lumineux
  • Représentation des interactions supramoléculaires en liaisons pointillées entre la molécule photochrome et les chaînes du polymère, pour que le mécanisme d’accroche se lise sans légende
  • Vecteurs de force en magenta, seule couleur saturée de l’image, pour désigner l’endroit où l’énergie lumineuse devient mouvement
  • Six versions successives et leurs variantes d’effet lumineux, jusqu’au rendu final livré en JPEG haute définition

Le défi

Une couverture se choisit en vignette, dans une pile de propositions. Il fallait que la relation entre lumière et déformation se comprenne avant même le titre, sans sacrifier l’exactitude de la structure chimique ni la réalité du dispositif expérimental. La loupe a réglé ce point : elle autorise un gros plan moléculaire crédible sans casser la mise en scène du film réel.

Collaboration

Le Dr Stéphane Aloïse a fourni la structure de la molécule, le protocole de fabrication du film et un code couleur atomique détaillé. Les allers-retours ont porté sur la fidélité du modèle moléculaire autant que sur la lisibilité de la scène.

Ce que je ferais autrement aujourd’hui

Le volume de la molécule a été obtenu en illustration vectorielle, par un travail de dégradés et d’ombres dans Illustrator. Je traiterais cette image autrement maintenant : la modélisation 3D fait partie de mes outils depuis, et le rendu du volume moléculaire y gagnerait en justesse.

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